Créations de Julian Renan - M"lodiste interprète
FERALIES
A Jean Ferrat,
La montagne s’embrume de deuil,
Tu es parvenu, hélas, au seuil
Où règnent Ouralou et Félicien
Qui te tendent la patte ou la main,
Mais s’il fallait faire le bilan
D’une simple vie de militant
Encarté au parti du bonheur,
De la sagesse et des chanteurs
Bon dieu, tu aurais dû vivre encor,
Ne pas nous laisser pleurer ton sort.
La mer étale et sans regret
A cessé de rouler ton galet,
Tes enfants ont perdu le soleil
Quand tu trouvais ton dernier sommeil.
Ta môme, l’Eve sans la pomme
Restera l’avenir de l’homme ;
L’heure s’est arrêtée au cadran
Dans un ultime balbutiement.
Bon dieu, tu aurais pu vivre encor
Nous délivrer un dernier trésor.
Le futur sera ton royaume,
En Cévennes, terre des hommes,
D’un peuple de liberté
Que tu as défendu et chanté,
Ouvriers, paysans sans grade,
Au joli nom de camarade,
Défilant dans les rues de Paris
En criant : c’est beau, c’est beau la vie.
Bon dieu, tu aurais pu vivre encor,
L’Ardèche sans toi, n’est qu’un décor.
Ah !, faut les voir ces glorieux bobos
Venir larmoyer à la radio,
La censure a lâché la bonde,
On t’entend sur toutes les ondes ;
Mais il aura fallu ton trépas
Pour avoir l’honneur des médias.
Ta France sera hymne national,
Je trouve que ce serait normal.
Bon dieu, si tu pouvais vivre encor,
Tu sais l’éternel n’a jamais tort.
Au firmament des grands poètes
Brille une étoile qui t’a vu naitre,
Et si revoir enfin Aragon
Pouvait être une consolation,
Sans toi, que serions-nous sans toi ?
Même pas un rêve, un étroit
Espoir qui fleurira trop tard
Pour se fondre dans : Nuits et Brouillards.
Bon dieu, tu aurais dû vivre encor,
Bon dieu, tu aurais pu vivre encor.
Texte de Joël François
Musique et Interprétation Julian Renan